À l'Est de moi
Marta (Patricie Chraskova), une fille originaire d’Europe de l’Est, décide de tout quitter pour aller tenter sa chance à Paris. Là, elle fait des rencontres et se laisse rapidement tenter par des expériences déviantes. Le voyage d’Est en Ouest s’avère alors déceptif, et Marta, comme tous ces exilés qui ont décidé de changer de vie, se retrouve tiraillée entre le déracinement et la découverte d’un nouveau monde.
Sur les routes enneigées d’Europe de l’Est, de Prague aux villes dégradées d’Ukraine jusqu’aux lumières faussement salvatrices de la capitale française, la caméra de Bojena Horackova nous conduit tout doucement au cœur du froid continental. Son film évoque la sensation d’un transit permanent, d'un passage d’un monde à l’autre illustré par les allers retours constants entre un pays, écrin de souvenirs, et un horizon, Paris, terre des possibles et parfois de désillusions.
Optant pour des ellipses subtiles, Horackova capte également les difficultés d’intégration éprouvées par ceux qui aspirent à une vie meilleure. Aucune utopie possible donc, « chez nous, libre ne veut pas dire la même chose », mais dans les deux sens, il est toujours dur de trouver sa place.