Chaw
Dans le village réputé tranquille de Sameri, rien ne va plus : une série de meurtres particulièrement violents terrorisent les habitants. Pendant ce temps, Kim (Tae‑Woong Eom) doit quitter Séoul pour venir exercer ses fonctions de policier dans le petit bourg rural. Au fil de l’investigation, corps judiciaire et villageois découvrent que les meurtres sont l’œuvre d’une bête sauvage affamée : un sanglier ! La traque peut commencer, et la course à la survie également.
Difficile de transformer un animal, quel qu’il soit, en un tueur vorace et menaçant. C’est pourtant le pari du deuxième film de Shin Jeong‑Won (Sisily 2km, 2004), qui lorgne plutôt vers la parodie avec ses villageois hyper‑stéréotypés dégaînant un chasseur professionnel qui ressemble à un Rambo de pacotille, son étudiante écolo complètement allumée ou encore sa brochette de policiers pas courageux pour un sou et chochottes patentées.
Quant au sanglier mangeur d’hommes, résultat à la fois grotesque et terrifiant d’un croisement génétique, ses méfaits sont à moitié pardonnés lorsque le récit prend le virage du discours écologique : à cause d’une agriculture agressive et de la disparition de proies plus standard, l’animal est contraint de s’en prendre aux humains et autres accessoires familiers (dosettes de café, magazines…).
Dommage cependant que l’impressionnante bébête, customisée d’effets numériques, n’ait pas été livrée dans sa version organique. Mais Chaw, qui a bénéficié d’un budget confortable de 5 millions de dollars en Corée, s’inscrit dans la lignée de The Host (Joon‑Fo Bong, 2006). Cherchez l’erreur.